Médicament ostéoporose

Écrit par les experts Ooreka

Le traitement de l'ostéoporose varie en fonction de sa cause et n'est prescrit qu'en complément d'une supplémentation en calcium et en vitamine D. Il a pour objectif principal de réduire les risques de fractures lorsqu'elles ne sont pas encore présentes.

Il s'accompagne également de la mise en place d'un sevrage tabagique, si besoin est, et de certains conseils de prévention afin de stopper une perte de densité osseuse supplémentaire.

Les médicaments les plus couramment prescrits sont :

  • les traitements post-ménopausiques (traitement hormonal généralement à base d'œstrogènes) ou THS (traitement hormonal substitutif), qui sont remboursés par l'Assurance Maladie ;
  • les bisphosphonates ;
  • la calcitonine (hormone thyroïdienne),
  • la vitamine D.

Si l'ostéoporose découle d'une autre pathologie (ostéoporose secondaire), le traitement passera par la prise en charge de la maladie causale.

En l'absence de fracture

Un traitement médicamenteux de l'ostéoporose est mis en place en l'absence de fracture dans la mesure où l'ostéodensitométrie donne un score T inférieur ou égal à -2,5 et que plusieurs autres facteurs de risque de fractures existent (ou si le score T est inférieur ou égal à -3).

À noter : si le score T est meilleur, on ne met pas de traitement en place, mais on surveille dans les 5 années qui suivent.

Traitement de base

Le traitement consistera, chez la femme, à prendre un comprimé quotidien (remboursé par l'Assurance Maladie) pour traiter l'ostéoporose post-ménopausique dans le but de réduire le risque de fracture. Un comprimé :

  • d'alendronate (générique du fameux Fosamax) ;
  • de risédronate (5 mg ou 35 mg pour une prise par semaine) ;
  • ou de ranélate de strontium (le Protelos des laboratoires Servier) ;

Le traitement proposé est le même chez l'homme, mais seul l'alendronate 10 mg est remboursé par l'Assurance Maladie.

En cas d'ostéoporose rachidienne

Si la personne a moins de 70 ans et qu'elle présente une ostéoporose rachidienne (au niveau de la colonne vertébrale), on privilégiera un traitement à base de :

  • raloxifène (prise quotidienne), remboursé par l'Assurance Maladie ;
  • bisphosphonates : ibandronate (prise mensuelle) ;
  • parathormone intégrale (une injection par jour).

Si la personne présente des troubles climatériques (bouffées de chaleur) ou en cas d'intolérance, on privilégie un traitement hormonal post-ménopausique (THM).

Tous ces traitements doivent être pris pendant au moins 4 ans.

Un nouvel examen de densité osseuse est effectué à l'issu de cette période pour réévaluer le risque de fracture et éventuellement poursuivre le traitement.

À noter : les fractures fémorales (sous-trochantériennes et/ou diaphysaires) font parties des effets secondaires classiques des traitements par bisphosphonates. On en retrouve principalement chez des malades traités au long cours contre l'ostéoporose et chez des patients atteints de cancer.

En cas de fracture

Si, en l'absence d'un traitement corticoïde et en cas de score T inférieur ou égal à -2,5, le patient présente une fracture vertébrale ou fémorale ou s'il s'agit d'un homme, le traitement sera le même que précédemment.

Il pourra également être remplacé :

  • en cas d'ostéoporose vertébrale par :
    • une prise quotidienne de raloxifène (traitement de l'ostéoporose post-ménopausique pour réduire le risque de fracture spontanée vertébrale),
    • des bisphosphonates : une prise mensuelle d'ibandronate (idem) ou une prise quotidienne deux semaines sur trois mois d'étidronate 400 mg (traitement curatif de l'ostéoporose post-ménopausique avec au moins un tassement vertébral et prévention de la perte osseuse chez les patients sous corticothérapie supérieure à 3 mois),
    • parathormone intégrale, une injection par jour (idem) ;
  • en cas de double fracture vertébrale (au moins) : parathormone (tériparatide), une injection par jour (pour réduire le risque de fracture vertébrale chez les femmes présentant déjà deux fractures vertébrales) pendant maximum un an et demi ;
  • en cas de fracture périphérique : un traitement ne sera mis en place qu'après s'être assuré de la survenue de la fracture et en pesant le pour et le contre (bénéfices/risques) d'un traitement.

À la fin du traitement, on procède à une nouvelle ostéodensitométrie pour réévaluer le risque de fracture et éventuellement renouveler le traitement (quitte à changer de médicament).

Enfin, si une corticothérapie est en cours, le traitement se fera systématiquement en ayant recours aux bisphosphonates (risédronates ou étidronates) sur une période de deux ans, ces traitements étant pris en charge par l'Assurance Maladie dans le cadre de l'ostéoporose cortisonique.

Implant de micropuce

Une étude datant de février 2012 indique qu'une micropuce capable de libérer des médicaments dans le sang a été testée au Danemark.

Cet implant, commandé sans fil, permettrait d'éviter les fastidieuses injections que nécessite le traitement par parathormone (tériparatide). L'étude tend à prouver que la puce délivre le médicament dans le sang avec la même efficacité que les injections quotidiennes.

Les résultats paraissent encourageants pour les chercheurs qui auraient constaté une amélioration de la formation du tissu osseux et une réduction du risque de fractures.

Effets indésirables des traitements médicamenteux

Bisphosphonates

Les bisphosphonates, qui sont les médicaments contre l'ostéoporose les plus régulièrement prescrits, entraînent de nombreux effets indésirables particulièrement dramatiques :

  • ostéonécrose (nécrose de l'os) de la mâchoire ;
  • fractures atypiques du fémur (en cas d'impact minime), en effet ces médicaments rendent les os plus denses et plus rigides mais ils finissent par nuire à leur qualité (plus ces traitements sont pris longtemps, plus le risque augmente) ;
  • risque de cancer de l'œsophage doublé en cas de prise au long cours ;
  • troubles digestifs (allant jusqu'aux ulcères) ;
  • troubles rénaux (ce qui explique qu'ils soient contre-indiqués aux personnes ayant déjà des problèmes de reins) ;
  • troubles cardiaques, notamment des fibrillations auriculaires et des arythmies ;
  • inflammations oculaires (uvéite notamment) ;
  • douleurs (parfois irréversibles) :
    • musculaires,
    • articulaires, etc.

Cette liste est loin d'être exhaustive. De plus l'efficacité de ces traitements reste contestée.

L'utilisation préventive de ces médicaments chez les femmes postménopausées n'est pas non plus justifiée. En effet, atteindre l'âge de la ménopause est normal et que cela ne signifie pas nécessairement qu'on présentera des signes d'ostéoporose.

THS

Les traitements hormonaux substitutifs sont également largement employés.

Bien qu'après 7 années de traitements les femmes qui en ont consommé présentent une meilleure densité minérale osseuse que les autres, non seulement cette densité va brutalement chuter en cas d'arrêt du traitement, mais en plus les risques de cancers du sein et les risques cardiovasculaires (phlébite, embolie, etc.) sont majeurs.


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